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Interview de Jean-Pierre Mas dans Le Parisien du 14 novembre 202O

Vacances de Noël : «Faire ses valises dans sa tête, c’est se déconfiner à moitié»

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, conseille « de ne pas attendre pour réserver » ses vacances et de les préparer « en se disant qu’on pourra les réaliser ».

 « Les Français ont besoin de souffler, de s’évader », juge Jean-Pierre Mas. (Illustration) LP/Arnaud Journois

Président des Entreprises du Voyage, le syndicat professionnel des agences de voyages, Jean-Pierre Mas conseille aux candidats au voyage de réserver dès maintenant leurs vacances de fin d'année, tout en restant très inquiet face à l'éventualité d'un prolongement du confinement.

 

Quelle est la situation des professionnels du tourisme à un mois du début des vacances de fin d'année ?

JEAN-PIERRE MAS. Extrêmement compliquée et difficile parce que nous n'avons aucune visibilité, aucune perspective proche sur laquelle nous pourrions aujourd'hui nous appuyer. Décembre est, après juillet, août et septembre, le quatrième mois le plus important de l'année pour le tourisme. Rater le début de cette saison d'hiver, après les mois que nous venons de traverser, serait catastrophique.

 

Que conseillez-vous à celles et ceux qui souhaitent, malgré l'incertitude d'un prolongement du reconfinement, partir pendant ces vacances de fin d'année ?

De ne pas attendre pour réserver. De préparer ses vacances en se disant qu'on pourra les réaliser. Faire ses valises dans sa tête, c'est se déconfiner à moitié, et au moins l'esprit, en attendant que le corps puisse lui aussi bouger sans contrainte, quand les mesures sanitaires seront levées. La plupart des Français n'ont pas pris de vraies vacances depuis un peu plus d'un an, depuis neuf mois pour ceux qui ont pu partir en février juste avant le premier confinement. Ils ont besoin de souffler, de s'évader.

 

Quelle est la formule de voyage la moins risquée ?

Que ce soit sous la forme d'un forfait tout compris incluant le transport et l'hébergement, ou à la carte en réservant un hôtel, un club et, de l'autre côté, en achetant un billet de train ou une location de voiture, il vaut toujours mieux confier l'organisation d'un séjour à un professionnel du tourisme, en ligne ou en agence. Lui saura au moins assumer ses responsabilités dans le cas où le voyage s'avère impossible à faire.

 

N'y a-t-il pas un risque de voir sa réservation reportée et les sommes versées bloquées comme lors du premier confinement ?

Je m'y engage, nous ne prendrons aucun client en otage. Certaines compagnies aériennes ont en effet eu un comportement de voyou en refusant de rembourser des vols annulés, et en conservant l'argent versé directement par leurs clients. Mais acheter son prochain voyage auprès d'une agence, cela reste le meilleur moyen d'être protégé car même si celle-ci fait faillite, une garantie financière permet de rembourser les clients.

 

Difficile de choisir une destination sans savoir si on pourra réellement s'y rendre…

Les possibilités de partir au soleil cet hiver sont extrêmement restreintes. La grande majorité des destinations très appréciées à cette saison, à commencer par l'île Maurice par exemple, sont fermées. Il faut privilégier celles qui accueillent encore des voyageurs français : les Seychelles, les Maldives ou la République dominicaine. Nous n'avons aujourd'hui pas d'assurance des pouvoirs publics pour les départements d'outre-mer mais, si la situation sanitaire s'améliore, il sera certainement possible d'aller en Guadeloupe, en Martinique ou à la Réunion. Il n'est pas non plus nécessaire d'aller à l'autre bout du monde. Les îles Canaries permettent par exemple, à seulement trois ou quatre heures de Paris, de profiter d'un beau soleil et d'une douceur assurée. Et puis il y a évidemment l'Hexagone, en club ou résidence de vacances, à la campagne, en bord de mer ou évidemment en stations de sports d'hiver, où les protocoles sanitaires stricts sont mis en place.

Propos recueillis par Aymeric Renou